L’organisation actuelle du commerce international se caractérise principalement par des relations commerciales déséquilibrées entre le Nord et le Sud, entre de grands groupes transnationaux et des producteurs désavantagés, qui se voient imposer les prix et les conditions de l’échange.
L’injustice qui découle de ces transactions participe à une inégalité sans cesse croissante entre les pays industrialisés et les pays en développement. Alors que le commerce pourrait jouer un rôle de catalyseur du développement humain, les politiques commerciales actuelles s’avèrent incapables de réduire les inégalités, et privent les pays en développement d’accès aux opportunités commerciales, au détriment principalement des communautés de producteurs d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine.
Quelques chiffres repères :
Rapport mondial sur le développement humain, Programme des Nations Unies pour le Développement (2005)
- 25 millions de personnes tombent chaque année en dessous du seuil de pauvreté
- 2,5 milliards de personnes (40 % de la population mondiale) vivent avec moins de 2 dollars par jour
- Les pays donateurs dépensent 1 milliard de dollars par an pour l’aide agricole des pays en développement et 1 milliard de dollars par jour pour des subventions nationales à la production agricole, mettant en danger les agriculteurs les plus pauvres du monde.

source Max Havelaar France, prix garanti par FLO - Max Havelaar
Les initiatives de commerce équitable partent du constat que des changements structurels sont nécessaires dans les pratiques du commerce actuel. Le commerce équitable contribue à améliorer les revenus et à soutenir le développement des producteurs et de leur communauté, en leur garantissant, notamment, un prix minimum stable et en mettant en place un partenariat commercial et technique à long terme favorisant leur autonomie.
Exemple :
Extraits du rapport d'Oxfam, Une tasse de café au goût d'injustice (2002)
Le rapport d'Oxfam, Une tasse de café au goût d'injustice, fait état de la crise de l’industrie du café, de ses causes et de ses conséquences pour les cultivateurs.
L'effondrement des cours du café a ruiné les petits producteurs « Entre 1998 et 2001, le café a chuté de 68% de sa valeur, son niveau le plus bas depuis 30 ans. 25 millions de caféiculteurs dans le monde ont ainsi perdu leur principal moyen de subsistance. Les prix sont descendus bien en-dessous des coûts de production : ils couvraient juste 60% des coûts dans la province de Dak Lak au Viêt-Nam. Dix ans auparavant, les exportations des pays producteurs leur permettaient de percevoir un tiers de la valeur totale échangée sur le marché. Ce chiffre est tombé en-dessous de 10 % pendant la crise.
Alors que les marques de café ont engrangé des bénéfices considérables, les familles de producteurs ont dû retirer leurs enfants de l'école, particulièrement les filles. Elles n'avaient plus les moyens de payer les médicaments de base et ont dû se priver de nourriture. Les négociants de café aussi ont fait faillite. Les économies nationales ont souffert et certaines banques se sont écroulées. Les caisses publiques étaient à sec, la santé et l'éducation sous pression et les gouvernements forcés de s'endetter. » |